Parlons peu parlons Science

Bouh ! Fais-moi peur.

Par Marion Guillaumin.

Votre mère repasse le linge tranquillement dans le salon, la télévision la regarde pendant que vous faîtes la vaisselle dans la pièce voisine. Soudain une araignée, en pleine randonnée matinale, surgit au pied de la table à repasser. Un cri strident, à en casser vos assiettes, retentit et se fait certainement entendre jusqu’au bout du village. Vous sursautez, êtes effrayée et accourez jusqu’au salon. Vous craignez une brulure au fer à repasser. Mais bon sang, ce n’est qu’une araignée. Pourquoi le cri de votre mère a-t-il hérissé vos cheveux ? La Science l’explique.

La qualité de la voix humaine est étudiée depuis longtemps par les scientifiques, sous forme de conversations quotidiennes, de discours publics ou même de chants. Pour cela, en général, ils procèdent à quelques analyses classiques telles que la représentation graphique de la pression acoustique ou de la fréquence des ondes sonores. Ces approches révèlent que les cris sont beaucoup plus aigus que la parole. Mais pourquoi cela déclenche la peur chez l’autre ? Une équipe de chercheurs new-yorkais spécialisés en neuroscience ont décelé un début de réponse à cette interrogation. Pour ce faire, ils ont étudié des voix (parole et cri de terreur récoltés sur des vidéos et en laboratoire) en analysant le spectre de puissance de modulation. En bref, ils ont comparé les changements des caractéristiques sonores d’une parole (e.g. « chéri sors la poubelle ») et d’un cri de peur, dans un court laps de temps.

L’étude démontre une fluctuation de la fréquence plus importante (entre 30 et 150 Herz) lorsqu’un cri de terreur est poussé par rapport à la prononciation d’un discours, pour laquelle ce type de fluctuation est quasi-inexistant, que ce soit chez l’homme ou la femme. D’ailleurs, lorsque vous demandez à votre mari de sortir les poubelles, même si vous lui parlez plus fort, la fréquence de votre voix reste stabilisée autour de 5 Herz.

Dans un deuxième temps, au cours de cette étude, des volontaires ont été soumis à une IRM fonctionnelle pendant l’écoute de conversation et de cri de terreur. Les chercheurs ont alors observé l’activation très importante de l’amygdale, zone cérébrale du circuit de la peur, par rapport aux autres sons qui activent d’abord le cortex auditif.

Cette voie rapide de l’activation de l’amygdale permet alors à notre cerveau de comprendre le cri poussé comme une alarme, un appel en détresse. Ainsi, le son déclenche une sensation de peur. Bref, votre mère hurle, stimule votre amygdale, ce qui dresse les poils de votre dos et vous fait courir jusqu’au salon. Que ce soit pour une brulure au fer à repasser ou pour une toute petite araignée, l’urgence s’est fait entendre.


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