Parlons peu parlons Science

Shopping, quand tu nous tiens !

Par Marion Guillaumin.

A l’heure de la troisième démarque, la foule s’engouffre dans les galeries marchandes à la recherche de la perle rare, de la bonne affaire dont jalouseront les copines. Tandis que ça se bouscule, se rue et râle dans les files d’attente face aux cabines d’essayage et à la caisse, consacrons quelques minutes pour faire le point sur le comportement d’acheteur compulsif. Evidemment, il y a une différence entre l’achat de trois chemises hors de prix sur un coup de foudre et un comportement chronique et excessif qui brûle la carte bleue tous les quatre matins.

Et la Science dans tout ça ?
Les spécialistes en psychologie ont commencé à étudier ce comportement compulsif dans les années 30 et l’ont qualifié de désordre psychologique chronique rendant un individu incapable de résister ou de contrôler son besoin d’acheter. Cette pulsion est souvent comparée à celles impliquées dans les troubles tels que la cleptomanie, la pyromanie ou jeu compulsif et induit des problèmes sociaux et financiers importants. Une review a fait le point sur les recherches scientifiques autour de ce phénomène et mentionne l’absence d’approche thérapeutique standard même si plusieurs techniques sont utilisées (e.g thérapie, antidépresseurs) pour tenter de contrer ces pulsions.

Par ailleurs, une étude (McQueen, 2014) présente l’importance de ce comportement au sein de nos sociétés (d’après des études allemandes et américaines, entre 5.8 et 8 % de la population sont touchés) ce qui justifie la nécessité de mettre en place des modèles cognitifs pour établir une intervention efficace. Jusqu’ici les chercheurs ont lié les facteurs tels que l’âge, l’humeur, les symptômes de TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) et de perfectionnisme avec ce comportement d’achat compulsif. Or, cette dernière étude a confirmé une hypothèse posée dès les années 90 en montrant que ce besoin irrépressible est une conviction que l’achat va compenser, neutraliser le sentiment de mal-être de l’individu. En effet, la personne addictive ressent le besoin de remplacer ses pensées négatives par l’euphorie et le soulagement mais ces émotions sont éphémères et seront rapidement effacées par une augmentation de l’anxiété. Cette équipe de spécialistes prouve également que l’individu est poussé à l’achat par crainte d’une occasion perdue pour un caractère unique.

Pas de panique, ce sentiment est beaucoup plus intense que l’influence de votre amie qui vous implore de prendre cette paire de chaussures car c’est votre pointure et que c’est la dernière du rayon.

A noter

Cet article est issu d’une Chronique de l’an dernier ; retrouvez une dizaine d’articles rédigés par Marion. Elle y parle de planètes, d’organes sexuels, de l’odeur de la pluie mais aussi de bactéries et de textos !


titre documents joints

McQueen et al. - 2014

23 juin 2016
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Review 2014

23 juin 2016
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288.5 ko

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