Parlons peu parlons Science

Une même protéine responsable de nombreuses maladies dégénératives telles que Parkinson et l’Alzheimer

vendredi 12 juin 2015 par Rédaction de Parlons peu parlons Science

Par Marion Guillaumin.

Une équipe franco-belge vient d’identifier deux formes spécifiques de la protéine alpha-synycléine qui entraîneraient des pathologies dégénératives (i.e dégénérescence des neurones) qui touchent environ 7 millions de personnes dans le monde.


Ces maladies, que ce soit Parkinson, Alzheimer, Creutzfeldt-Jakob (forme humaine de l’Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB), autrement dit la « vache folle ») ou l’atrophie multisystématisée (AMS), se manifestent par une dégradation progressive mais irréversible des fonctions cognitives.

La Recherche a permis de déterminer la cause de ces maladies : l’accumulation pathologique de protéines déficientes dans le cerveau, que l’on nomme d’ailleurs protéinopathes. Par exemple, la protéine TAU est connue pour squatter les neurones chez les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ; la protéine prion quant à elle, s’accumule dans le cas de l’ESB. Chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, qui touche 1 % des français de 65 ans et plus, ce sont les« corps de Lewy » qui envahissent les tissus du bulbe olfactif et le tronc cérébral pour ensuite s’installer dans tout le cerveau. Et ce sont ces « corps de Lewy » qui sont les agrégats de la fameuse protéine alpha-synucléine, responsable de ces maladies.

Alpha-quoi ?
L’alpha-synucléine est une protéine dont la fonction exacte est encore inconnue mais, selon l’étude publiée dans Nature cette semaine, les chercheurs savent désormais qu’elle devient toxique pour les cellules nerveuses selon sa structure.

En bref, qu’est-ce qu’il se passe ?
Pour étudier de plus près cette protéine qui semble causer de réels dégâts, les chercheurs ont analysé la propagation de ses agrégats en les injectant dans le bulbe olfactif et la paroi intestinale de souris adultes. Ces dépôts ont ensuite été retrouvés dans les neurones ; ils ont donc migré depuis les terminaisons nerveuses jusqu’aux corps des cellules neuronales du cerveau.

Par ailleurs, les scientifiques ont isolé deux structures particulières de l’alpha-synucléine : l’une ressemblant à des pâtes larges en forme de ruban (vous voyez des linguines ? Pareil.) et l’autre à des pâtes cylindriques pleines (comme des spaghettis).

Ces deux conformations d’alpha-synucléine ont alors été injectées séparément dans le cerveau et le sang des rats. Les fibres se sont révélées toxiques pour les neurones, ont recruté et modifié l’alpha-synucléine endogène des individus, ce qui a entrainé la formation de nouveaux agrégats qui se sont déplacés le long des axones des neurones. Les rongeurs ont alors développé deux formes de synucléinopathie différentes selon ce qui leur avait été inoculé : la maladie de Parkinson et l’atrophie multi-systématisée (AMS). Ainsi, des fibres de l’alpha-synucléine qui se diffèrent structuralement et qui ne présentent ni les mêmes capacités à s’attacher aux cellules ni la même toxicité engendrent des maladies dégénératives distinctes. Bref, même si la Recherche autour de cette protéine doit continuer, la Science a fait un grand pas.


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