Parlons peu parlons Science

Région cérébrale de la récompense chez la souris

mercredi 16 mars 2016 par Rédaction de Parlons peu parlons Science

© Serge LUQUET – Université Paris Diderot – CNRS

Pour cette semaine du cerveau, la rubrique Photoscience vous permet de contempler une coupe de cerveau de souris au niveau du noyau accumbens : la région impliquée dans la récompense et la motivation.

Mais qu’est-ce qu’on voit ?
Cette image a été acquise au microscope à fluorescence qui montre, Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, en bleu le noyau des cellules et en vert l’introduction dans certains neurones d’un virus abolissant génétiquement l’expression de la lipoprotéine lipase. La lipo-quoi ? C’est l’enzyme clé du métabolisme des triglycérides.

En bref.
Si vous laissez le choix à une souris entre de la nourriture riche et des aliments plus simples, elle préférera la nourriture riche en graisses. Les chercheurs de Laboratoire Biologie fonctionnelle et adaptative de l’Université Paris Diderot ont donc voulu comprendre ce qu’il se passe au niveau cérébral. Pour cela, ils ont développé une approche permettant d’injecter directement de faibles quantités de lipides directement vers le cerveau de la souris et observer son comportement. Résultats : une perfusion de triglycérides dans le cerveau diminue la motivation de l’animal à actionner un levier pour obtenir une friandise (récompense) et son activité physique est réduite de moitié. De plus, la souris ayant subi une injection équilibre son alimentation en consommant les deux ressources alimentaires : riche et saine.

Ok, donc les lipides injectés semblent modifier le comportement de la souris. Mais pour en être certaine, l’équipe de scientifiques a éliminé l’enzyme spécifique aux triglycérides afin que ces lipides ne soient plus détectés par le cerveau du mammifère. Résultat : la motivation est intense pour obtenir une récompense et si l’animal en a la possibilité, il consomme une alimentation très riche en quantité supérieure à la moyenne.

Oui mais alors, l’obésité (taux de triglycérides importants dans le sang, et donc dans le cerveau) est souvent associée à des comportements de surconsommation d’aliments gras non ? Oui, et les chercheurs l’expliquent par le fait que si la souris est soumise à de fortes et longues expositions aux triglycérides, l’attirance pour les friandises n’est plus éliminée. Le cerveau s’adapterait pour obtenir sa récompense, de façon comparable aux mécanismes observés lors de la consommation de drogues.


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