Parlons peu parlons Science

Des champignons de l’Antarctique envoyés dans l’espace

lundi 1er février 2016 par Rédaction de Parlons peu parlons Science

Par Marion Guillaumin.

Des scientifiques (Onofri et al., 2015) ont voulu tester la résistance de champignons vivant dans des conditions extrêmes, colonisant des roches de l’Antarctique, en les laissant plus d’un an dans une plateforme expérimentale de la Station Spatiale Internationale (ISS), simulant les conditions environnementales de la planète Mars. Résultat : ils ont survécu.

Des champignons de l’Antarctique très résistants
Les deux espèces Cryomyces antarcticus et Cryomyces minteri sont crypto-endolithiques, ce qui signifie qu’elles vivent sous les rochers. Prélevées dans les vallées sèches de McMurdo en Terre Victoria en Antarctique, ces micro-organismes vivent dans un environnement très aride et un des plus hostiles de la planète Terre, milieu terrestre le plus semblable à Mars.

© NASA – McMurdo Valley (vue satellite)

Et ils survivraient sur Mars, c’est bien ça ?
Les deux espèces de Cryomyces ont été envoyées dans la plateforme expérimentale EXPOSE-E de l’ISS mise en place dans un contexte de Recherche en Astrobiologie : expérience LIFE (Lichens and Fugi Experiment).

Les scientifiques les ont alors soumis à des conditions qui seraient similaires à celles de Mars : une pression de 1000 Pa, une atmosphère artificielle très riche en dioxyde de carbone (95%) à laquelle ont été ajoutés 1.6 % d’argon, 2.7 % d’azote et 0.15 % seulement d’oxygène. Une partie a été exposée à des rayonnements Ultra-Violets (supérieurs à 200 nm) et d’autres à un rayonnement plus faible. Après 18 mois à bord de l’ISS dans ces conditions, les deux espèces de champignons ont survécu : plus de 60 % de leurs cellules sont restés intacts et leur ADN semble toujours stable.

Mais ces Cryomyces n’ont pas été les seuls soumis à l’expérience LIFE ; des lichens (Rhizocarpon geographicum et Xanthoria elegans) résistants aux environnements extrêmes de haute montagne ont survécu aux conditions spatiales : 35 % des cellules fongiques ont présenté des membranes intactes.

Ces résultats permettent d’évaluer la stabilité et la capacité des micro-organismes et bio-indicateurs à survivre sur le long terme à la surface de Mars, s’inscrivant évidemment comme informations incontournables pour de futures expériences centrées autour de la recherche de la vie sur la planète rouge. 


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